L'école à la Maison

ecole à la maison

Un nombre croissant de blogs défendent les vertus de l'instruction en famille. Appréciant particulièrement ce thème, nous vous proposons de consulter la vidéo ci-après.

Reportage sur l'instruction en Famille

Précisions terminologiques

On trouve souvent le terme d’école à la maison. Ce terme est ambigu. En effet, pour nous, familles non scolarisantes, le terme d’école à la maison désigne surtout des familles qui font le choix de transposer l’école (programmes, méthodes, ouvrages) chez elles. Ces familles utilisent des cours par correspondance (CPC). Les plus connus, en France, sont le CNED (Centre National d’Education à Distance), chapeauté par le Ministère de l’Education Nationale. Il en existe énormément. Les plus utilisés sont les cours Ker Lann, EAD, les cours Hattemer, … Sur les 5000 enfants qui apprennent sans école hors soutien de l’Etat, on estime qu’environ la moitié suivent des cours par correspondance.

Comment appeler l'autre moitié ? On entend souvent parler de unschoolers, terme qui nous vient des Etats-Unis, pour désigner les enfants qui ne font pas l’école à la maison (Homeschooler).

Les homeschoolers suivent un programme défini à l’avance, qu’il soit officiel (par exemple, les programmes de l’Education Nationale) ou non. Les enfants ont, dans ce cadre, des plans d’apprentissage destinés à les amener à un objectif qui est défini par un ou des adultes (les parents, l’Etat). On décide pour l’enfant de ce qu’il doit savoir. En pratique, il s’agit pour les parents de remorquer leur enfant sur la voie du savoir, en utilisant des techniques qui peuvent être extrêmement variées, des plus austères aux plus ludiques : nous estimons que tu dois savoir faire des divisions, je vais donc t’expliquer ce qu’est une division. J’estime que tu dois t’instruire sur le Moyen-Age, nous allons donc visiter les châteaux médiévaux de la région, etc.

Les unschoolers ne suivent pas de programme : les programmes les suivent. Souvent décrits comme “apprentissages autonomes“, les apprentissages des unschoolers sont guidés par l’intérêt de l’enfant et non par une entité extérieure (parent, enseignant, ministère). En pratique, il s’agit pour les parents d’alimenter un moteur qui est interne à l’enfant : mon enfant a reçu en cadeau des petits livres sur la mythologie qu’il a dévorés ? Je file à la bibliothèque emprunter d’autres livres sur ce sujet pour lui fournir matière à développer ses connaissances. S’il n’est pas intéressé par les maths, je ne vais pas le forcer à faire des maths. Cette approche est généralement choquante et source de beaucoup de confusions et de fantasmes. Sa compréhension est tellement éloignée de la norme dominante qu’il faut du temps pour la comprendre et mesurer sa valeur de manière objective. Les anglosaxons utilisent un terme positif difficile à transposer efficacement en français : celui de life learners, ceux qui apprennent de la vie, dans la vie.

Avantages et inconvénients de l'instruction en famille

Les méthodes pédagogiques traditionnelles de l'Ecole en France sont particulièrement inefficaces, avec des programmes très denses, dont leurs concepteurs considèrent qu'il restera toujours quelquechose après autant d'heures d'enseignement intensif. La réalité est qu'il est aisé d'arriver au même résultat en à peine 1 heure ou 2 par jour avec l'instruction en famille, en choisissant des méthodes individualisées, basées sur l'éveil de la curiosité, la pratique, le travail en équipe ou le jeu.

L'une des limites de l'instruction en famille est l'encadrement excessif et trop protecteur des enfants. A l'école, ils sont confrontés par la force des choses à des situations complexes, dont ils doivent trouver par eux-même la solution. Par ailleurs, l'Ecole permet de socialiser les enfants et de les familiariser avec la diversité culturelle, linguistique et religieuse. En recevant une instruction en famille, même lorsque des cours de groupe sont organisés et que l'on participe à des visites et autres activités collectives, cette dimension d'insertion dans la société risque de manquer.